Début juin, nous avons organisé une soirée philo-musée à Orsay avec Laurence Devillairs, philosophe et chroniqueuse sur France Culture.
Le thème, qui semble simple en apparence, était le suivant : « Pourquoi travaille-t-on ? »
L’idée était d’interroger le sens du travail à travers l’art.
Au programme, cinq tableaux. Au final, cinq miroirs.
La visite n’avait pas pour objectif d’offrir une réponse, mais d’ouvrir un espace de réflexion sur le sujet.
Et si les tableaux du XIXe siècle nous parlaient de notre travail ?
Cette exposition de tableaux pose la question suivante : pourquoi travaille-t-on ?
Au XIXe siècle, le travail vit une bascule brutale. Industrialisation, exode rural, travail des femmes et des enfants, violence des corps.
La peinture fait ce que la philosophie seule ne peut pas faire : elle montre le corps au travail.
L’effort, l’épuisement, la fierté du geste bien fait — et parfois, l’effacement total de la personne derrière la tâche.
Les peintres ne regardent pas ailleurs. Ils montrent. Ils interrogent.
L’art donne un visage au travail.
Il interroge sa dimension profondément humaine — et donc aussi potentiellement inhumaine

L’artiste crée. Le travailleur produit
L’artiste ne répond pas à une commande du réel — il l’impose. Sans lui, l’œuvre n’existerait tout simplement pas. C’est ça, créer : tenir les commandes de ce que l’on fait, y mettre quelque chose d’irremplaçable, d’insubstituable. Une signature invisible mais présente dans chaque geste.
Le travailleur produit, lui, ce qui doit être produit. Il s’insère dans un flux qui existe avant lui et continuera sans lui. Ce n’est pas un jugement — c’est une mécanique. Et cette mécanique a une force d’absorption redoutable : à force de produire, on finit parfois par être produit par son travail.
La vraie question n’est donc pas « fais-je un travail créatif ? » Elle est : est-ce que je tiens les commandes de ce que je fais ? Est-ce que j’y mets quelque chose de moi — un regard, un choix, une intention — ou est-ce que je suis simplement traversé par la tâche ?
Cette maîtrise là, ce n’est pas un privilège d’artiste. C’est une posture. Elle se cultive, se reconquiert.

Les enjeux pour les organisations
Le pilotage automatique comme risque systémique
Les équipes qui « produisent » sans plus « créer » s’exposent à un désengagement silencieux — difficile à mesurer, dévastateur sur la durée
Le travail en mode automatique érode la capacité d’initiative, d’adaptation et d’invention — exactement ce dont les organisations ont besoin face aux transformations
Les managers eux-mêmes ne sont pas épargnés : à force d’être absorbés dans le flux opérationnel, ils perdent la hauteur nécessaire à leur rôle
Le sens au travail, un enjeu de performance
60% des salariés déclarent ne pas trouver de sens dans leur travail (Gallup, 2023) — avec un impact direct sur l’absentéisme, le turnover et la qualité.
Quand un collaborateur ne sait plus pourquoi il fait ce qu’il fait, il le fait moins bien — et finit par ne plus le faire du tout
La question du corps et de l’incarnation du travail
Le travail devient de plus en plus abstrait : numérique, désincarné, délégué à des outils. Les organisations peinent à maintenir un lien vivant entre les personnes et ce qu’elles produisent.
L’intelligence artificielle accélère cette dématérialisation — et pose avec acuité la question de ce qui reste de 100% humain dans le travail.
Les organisations qui ne répondent pas à cette question perdent en attractivité, en engagement et en capacité d’innovation
La perte de la posture de sujet
Quand les collaborateurs cessent d’être acteurs de leur travail pour en devenir les instruments, la créativité, la prise d’initiative et la responsabilité s’effacent.
Les organisations ont besoin de « fermières souveraines » — des personnes qui tiennent les commandes de ce qu’elles font, qui mettent quelque chose d’elles-mêmes dans leur travail.
C’est la condition d’un travail humain, irremplaçable, insubstituable.

Les propositions Resultence en résonanceAccompagner les transformations culturelles et managériales – garder l’humain au centre
Face à l’IA, la digitalisation, les réorganisations : comment traverser ces bascules sans perdre ce qui fait la valeur du travail humain ?
Accompagner les organisations à poser les bonnes questions — pas seulement « comment s’adapter ? » mais « à quoi voulons-nous rester fidèles ? Comment l’IA impacte le management ? Les pratiques managériales ?
Coaching individuel / Coaching de carrière : Reprendre les commandes
Pour les managers et dirigeants qui sentent qu’ils « font » sans plus « être » : retrouver la posture du sujet face à son travail – renforcer la qualité de présence et d’écoute.
Clarifier ce qui fait sens, identifier ses leviers, sortir de la fatalité du faire — construire un rapport au travail qui ressemble vraiment à soi
Coachings d’équipe / Coaching de CODIR : Ré-ouvrir les espaces de pensée
Quand une équipe tourne en pilotage automatique : retrouver la prise collective, réaligner les visions, remettre du sens dans l’action commune.
Travailler les tensions réelles plutôt que de les lisser — pour que l’équipe redevienne un lieu de création et pas seulement de production.
Accompagnement de communautés managériales : Animer les vraies questions
Des formats qui ouvrent la pensée plutôt que de la formater : co-développement, ateliers thématiques, séminaires d’équipe
Créer des espaces où les managers peuvent prendre de la hauteur, partager leur vécu, se réapproprier leur rôle — pas les outils, mais le sens
Formation : Devenir acteur de sa singularité
Sortir de la fatalité du faire : identifier ses leviers, ses ressources, ce qui rend son travail irremplaçable et insubstituable, ce qui fait que chacun est unique et singulier
Une pédagogie par l’expérience, ancrée dans le réel
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