Le lâcher prise, laisser faire, c’est aussi agir

 

Paradoxe de cette affirmation

 

Drôle de question, drôle de réflexion, comment l’inaction pourrait-elle être signe d’action ?

Telle une provocation, on comprend vite l’ambiguïté et le mal aise que cela nous procure. En effet, quand on pense à « laisser faire », cela induit que l’on permette que le pire arrive, c’est rendre possible tout ce que l’on projette de plus vil ou de pire, la tricherie, le vol, le détournement, l’usage abusif, le mensonge. Prenons l’exemple de nos enfants, ou encore de nos ados, laisser faire, mais quelle rigolade, plus on leur laisse d’espace de liberté, plus ils en abusent !

 

Le laisser faire en entreprise? du contrôle oui!

 

En entreprise ? Qu’est-ce que cela nous évoque ?, un aveu de faiblesse, peut-être même une faute professionnelle..

 

Non, verrouiller, contrôler, c’est poser un cadre, cela limite les errements qui nous effraient, qui bousculent nos habitudes ou nos idées reçues. Et puis, qu’en penseraient mes collègues au bureau, laisser faire, ce pourrait être le signe d’une incapacité à manager ou une difficulté à affirmer mon autorité.

 

Réflexion ordinaire d’un manager

 

Vous me parlez de laisser faire, rien que cette évocation me met mal à l’aise. Car je suis quelqu’un qui aime garder le contrôle et la maîtrise des choses. Vous me parlez de laisser faire, cela me fait penser à mon voisin de bureau Charles, ah oui, lui, il laisse faire, il manage une équipe, et curieusement, il ne va jamais vérifier comment chacun travaille. Vous vous rendez compte ? Il est gonflé, c’est jamais lui qui fixe les objectifs mais ses propres collaborateurs qui les fixent ! Mais à quoi sert-il ?

 

En effet, un manager, c’est quelqu’un qui explique comment on fait les choses, qui contrôle comment on les fait, il fait passer les entretiens annuels et donc il va pouvoir récompenser ou sanctionner ses collaborateurs. En tout cas, c’est comme ça que l’on me l’a appris, mais c’est vrai qu’avec les jeunes, ce n’est pas très simple comme mode de management. En fait, j’ai l’impression que ça marche pas, avec les jeunes (décidément, on a du mal à comprendre leur mode d’emploi) mais aussi avec les moins jeunes, comme un sentiment de lassitude, de ras le bol avec le sentiment de porter des collaborateurs et que cela ne sert à rien, ils ne sont pas plus motivés, pire encore, démotivés pour certains, d’autres font le stricte nécessaire.

 

Et Charles, il en pense quoi ? Facile, Charles, on arrive facilement à lui parler, comme il est moins dans les pattes de ses collaborateurs, il est très disponible pour celui qui manifeste le besoin de lui parler. Très attentif à la qualité de l’environnement de travail de chacun, il considère que chacun a un niveau de compétence suffisant qui lui permet de s’autogérer et d’utiliser son autonomie pour développer d’autres projets. C’est incroyable le nombre d’idées en provenance de son service, on se demande bien comment ils font pour être si imaginatifs. Les collaborateurs sont encouragés à développer des idées au-delà de ce qui est demandé dans leur job. Mais en fait, je pense que Charles a de la chance lui, il a des collaborateurs mieux que les miens, ils sont plus compétents eux, plus créatifs, les miens, je dois les pousser, les tirer, sinon ils ne produisent pas comme je leur demande. Bien sûr, ça me prend beaucoup de temps, d’énergie, car plus je leur demande d’être créatif comme dans le service de Charles, moins j’obtiens de résultats.

 

Alors, vous me parlez de laisser faire comme mode d’action, et bien, peut-être serait-il temps de changer mon regard sur mes collaborateurs, et comme Charles, de me mettre à leur service et, de commencer à penser que, parfois, Le lâcher prise, laisser faire, c’est aussi agir.

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