Coach professionnel et manager coach, quelles différences?

 

Les articles se multiplient sur cette approche de manager coach présentée comme une évolution positive de la posture du manager. Essayons de regarder ce que cela sous-tend pour mieux comprendre l’origine de cet amalgame et les attentes auxquelles elle répond.

 

 Quelques rappels du métier de coach :

 

Le métier de coach regroupe deux postures différentes, le coach dit en posture « haute » et celle en posture « basse ».

 

Le coach est posture haute que l’on retrouve parmi les coachs en relooking, art de vivre, home staging, sportif, vocale.. Ces coachs possèdent une expertise métier, leurs séances sont orientées en fonction de leur domaine de compétences (posture « haute » en référence au sachant) et entendent prendre la main sur leur client pour leur faire des propositions, allant même jusqu’à leur imposer des choix (principe du home staging).

 

L’autre posture, dite la posture du coach professionnel, ou encore posture basse, est celle dans laquelle le coach n’exprime pas de conseils auprès de son client mais va construire une alliance propice à l’émergence, par le client lui-même, de solutions ou de réponses qu’il était venu chercher dans sa démarche de coaching. Le coach professionnel utilise des outils de coaching comme l’écoute, le silence et le questionnement.

 

Quelques différences majeures entre coach professionnel et manager coach :

 

Le coach professionnel ne fait pas partie du système de son client (même si en approche systémique on se sert de la relation créée entre le coach et son client), alors que la relation de travail entre le manager et son collaborateur s’inscrit dans une position hiérarchique qui rend impossible toute forme de neutralité sur les sujets du client.

 

Le manager doit faire parfois des arbitrages ce qui ne relève pas de la sphère du coach professionnel.

 

Ensuite, toutes les responsabilités inhérentes à celles du manager (pouvoir, sanction, récompense) ne font pas partie du champ d’intervention du coach professionnel.

 

La confusion et l’amalgame

 

La posture basse est la plus difficile à comprendre pour des personnes peu familiarisées avec la pratique du coaching professionnel, et qui pensent souvent que le coach va les « driver », les pousser, les orienter, leur dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire, à l’image du coach en posture basse (ou du manager traditionnel). De là vient la confusion et l’amalgame.

 

Aucune réglementation particulière n’encadre le métier de coach professionnel et la formation n’est pas obligatoire pour l’exercer comme pour d’autres professions comme psychothérapeute ou consultant. On comprend dès lors que cela facilite les interprétations erronées sur le métier de coach professionnel.

 

L’évolution du rôle de manager

 

Se superpose à ce flou dans la posture de coach la complexité du rôle de manager. Cette fonction d’encadrement est en plein évolution et se cherche aussi une nouvelle légitimité. Longtemps cantonné à des fonctions de contrôle, de gestion et de sanction, le manager est en quête d’un nouveau souffle dans un monde de plus en plus complexe, incertain, empreint de paradoxes et une position inconfortable entre les exigences de la direction et les attentes des collaborateurs (voir l’article profil et compétences du manager leader).

 

On s’engage vers un manager qui favorise la dynamique collective, se met au service de son équipe par son écoute et sa disponibilité et œuvre à faire partager la vision.

 

Un manager inspirant capable de valoriser les initiatives individuelles et de rendre possible la libération des énergies et de l’intelligence collective. C’est sans doute sur cet unique aspect que le manager peut s’inspirer de la posture du coach professionnel. Un manager de type facilitateur ou leader plus qu’un manager coach. Un libérateur d’énergie, un libérateur de potentiel.

 

 

Author: Carole Laubry

 

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