Conscience de soi et management

  

Conscience de soi, un atout de 1er plan

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’une des premières qualités d’un manager est la conscience de soi. Sa capacité à prendre du recul par rapport à son action, à analyser son ressenti et ses propres émotions est essentielle, une compétence qu’il devrait cultiver tel un jardinier. Bien qu’un atout de tout premier premier plan, les managers pensent rarement à mettre en avant ce savoir-faire comme une de leurs qualités managériales.

 

 

Mal se connaitre ou refuser d´écouter ses propres émotions peut pourtant entraîner de multiples effets néfastes en management : instabilité du comportement, réactivité exacerbée, manifestation d’égo déplacée …etc. Ne pas porter d’attention à soi pour agir en conscience peut donc constituer une grossière erreur et avoir, à terme, des impacts négatifs sur ses équipes. C’est d’ailleurs une lacune très courante parmi les jeunes managers, n’ayant fait aucun développement personnel et n’en percevant pas la portée managériale. Trop souvent négligé, cela peut être un véritable frein au développement de la motivation et à l’engagement de leurs collaborateurs.

 

A l’inverse, être à l’écoute de ses émotions ouvre sur une meilleure maîtrise de soi, de ses propres motivations et projections personnelles. L’observation de nos comportements peut inviter à se questionner et à s’ajuster pour améliorer la qualité des relations avec son environnement. Ainsi, la compréhension de ses propres mécanismes de fonctionnement est clé pour réussir en management, tel un outil pour mieux comprendre et interagir avec les autres. Bien plus puissante que la compréhension des autres (qui se trouvera souvent erronée), elle permet de s’ajuster en permanence et d’avoir de l’impact sur les comportements et réactions que nous générons au quotidien. Ainsi, modifier sa façon de s’exprimer ou de se comporter, en observer les effets, et adapter ses manières de faire, sont autant d’exemples démonstratifs de l’efficacité d’agir sur soi plutôt que de vouloir changer les autres. Essayez et vous vous rendrez vite compte de son efficacité, un changement d’attitude en entrainant immédiatement un autre chez vos interlocuteurs. On appelle cela l’effet systémique, tout à fait efficace et ajustable en temps réel.

 

VALORISER L’EXPERTISE DE SES ÉQUIPIERS

 

Pour bon nombre de jeunes managers (et moins jeunes aussi), cela peut surprendre. Convaincus d’être légitime par l’expertise de l’activité dont ils sont responsables, ils s’attachent généralement à démontrer leurs connaissances plutôt qu’à mettre en valeur et développer celles de leurs collaborateurs. Ces managers se trompent de sujet. Apprendre à développer sa position méta, à s’observer dans son comportement, à se questionner sur les raisons qui nous poussent à vouloir démontrer son savoir, peut s’avérer fort utile et permettre de recentrer son action sur l’essentiel, à savoir son rôle vis à vis de ses collaborateurs.

 

Il est important de rappeler que le rôle principal du manager est avant tout de développer les compétences de ses collaborateurs, de leur apporter soutien et encouragement, afin de les rendre plus autonomes et responsables. Sa position privilégiée est donc plus souvent passive qu’active, en tout cas en apparence : observer, écouter et laisser faire, telles doivent être ses priorités. Dans un second temps seulement, son rôle pourra être d’agir au service de son équipe, d’accompagner la responsabilisation, d’aider les coéquipiers qui en ont besoin tout en les valorisant dans leur action. Enfin, il pourra être amener à “trancher”, et prendre les décisions qui ne peuvent émerger naturellement du collectif et assumer aussi les responsabilités qui sont les siennes.

 

MANAGER AVEC HUMILITÉ

 

Vous l’aurez compris, ma conception du management est davantage de satisfaire les besoins de son équipe que d’agir soi-même et cela nécessite une grande part d’humilité et de capacité à se remettre en question, jusqu’à savoir s’effacer au profit de ses collaborateurs.

 

Même si la préoccupation majeure d’un bon leader est tournée vers son équipe (donner du sens à leur mission, leur donner le pouvoir d’agir, leur fournir toutes les informations utiles à leur action et leur exprimer de la reconnaissance pour leur travail), son meilleur outil reste lui-même. Savoir s’écouter pour mieux s’oublier et se mettre au service de l’équipe, telle est sa mission principale.

 

En tant que coach professionnel, l’essentiel de mon travail consiste à accompagner managers et dirigeants à prendre conscience de ce qui se joue pour eux afin d’être en capacité de le dissocier de leur mission. Prendre du recul, c’est d’abord comprendre les mécanismes qui nous régissent, identifier les croyances auxquelles nous sommes assujetties, et voir le monde avec un regard plus neutre. Comme toute personne qui accompagne des hommes et des femmes, le travail des managers commence donc par une meilleure connaissance de soi afin d’agir en conscience.

 

“Qui domine les autres est plus fort. Qui se domine est puissant.” Lao-Tseu

 

Article original sur Linkedin : https://www.linkedin.com/pulse/conscience-de-soi-et-management-fanny-escande?trk=prof-post

 

Author: Fanny Escande

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